More Yellow Birds : Les vrais amis de mes faux ennemis sont mes vrais amis

Chez Amply, avouons-le, on a tous nos petits chouchous, nos « champions », ceux-là même qu’on suit depuis le berceau et qu’on encourage inlassablement à chaque pas, qu’on like à chaque statut, dont on guette chaque mouvement l’écume aux lèvres. Internet a cela de merveilleux que la communication de cet amour avec le chouchou en question (aussi appelé « stalking » quand la police finit par être impliquée) est aisée. « Vas-y, Gérard », qu’on lui dit (si le chouchou s’appelle Gérard). « J’attends ton prochain album avec impatience ! », ou encore « ton dernier partage de la vidéo du chat qui saute dans un carton laisse augurer du meilleur ! ».

Cet état de fait pourrait laisser penser que certains d’entre nous seraient « partiaux », « influencés », voire carrément « vendus » : c’est vrai. Moi, je n’ai que des chouchous : je suis donc inattaquable. CQFD. Je les aime tous comme mes enfants et j’ai à coeur de les récompenser quand ils réussissent (on parlera de chronique « susucre ») et de les sanctionner quand ils se plantent (on parlera de chronique « fessée »). Autant vous dire qu’avant la sortie de ce premier album de More Yellow Birds, je trépignais, gonflé à bloc par le splendide artwork signé Pauline Jacquelin et la réécoute intensive des deux précédents EP, espérant que Your Enemies Are Fake irait les rejoindre dans mon panthéon personnel.

S’il s’inscrit dans la continuité de The Other Man et de Remember the Ocean, dont il reprend une petite poignée de titres ainsi que la marque de fabrique de l’artiste, à savoir l’allégeance à la Sainte Trinité Pop « guitare folk, chant falsetto, glockenspiel », ce nouvel album marque une volonté d’aller vers un registre plus rock, comme en témoigne le titre d’ouverture Don’t Tell Me Now, la jolie Lost and Found (qui vient d’être sélectionnée dans la dernière compilation A Découvrir Absolument) ou la plus bancale Forgotten Causes. Mais c’est dans sa « comfort zone » que More Yellow Birds livre ses meilleurs titres, avec en tête la mélancolique Social Calls dont l’arpège malaisant laisse place à un coda inattendu, et le tube absolu de l’album, No Return, une merveille tous xylophones dehors se terminant sur des choeurs cathartiques.

Perfectible, Your Enemies Are Fake (disponible en CD pour 10 petits euros) donne d’autant plus envie de continuer à suivre le parcours de More Yellow Birds, d’ores et déjà attelé à l’enregistrement de son successeur… Je sais pas vous mais moi je guette chacun de ses statuts Facebook comme un mort-de-faim !

PS : Je vous recommande également la vidéo du chat qui saute dans un carton, franchement c’est rigolo.

12 juillet 2014
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